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Épisode 16 : RESTER MOBILE LORSQU’ON PERD DE L’AUTONOMIE

L’une des premières conséquences de la perte d’autonomie, liée à l’âge, au handicap ou à la maladie, est la difficulté à se mouvoir. Cette perte de mobilité peut être progressive ou soudaine. Elle induit une sédentarité qui impacte directement la vie sociale et professionnelle, et engendre notamment des difficultés d’accès aux soins.
A titre personnel, il s’agit donc d’un engrenage qu’il faut absolument savoir endiguer et il existe heureusement des solutions pour conserver de la mobilité.
Les politiques publiques ont l’enjeu de s’organiser pour une meilleure organisation des services de proximité en matière de mobilité, l’adaptation des logements, l’aménagement urbain permettant de garantir un environnement accessible à tous quelles que soient ses capacités à se mouvoir. Collectivités, services publics, citoyens, commerçants,… tout le monde est impliqué car il en va de la dignité des personnes en perte de mobilité.


Le constat

Un enjeu de prévention et d’accessibilité de plus en plus importants à mesure que la population vieillit. (Source : INSEE).
Les projections démographiques actuelles indiquent que dans les pays européens, dans les 50 prochaines années, la proportion des personnes âgées passera de 15 à 30 % de la population avec un triplement des personnes âgées de plus de 80 ans. Ainsi la France compterait 3 millions de seniors de 60 ans ou plus en situation de perte d’autonomie en 2030. Les enjeux de prévention et d’accessibilité sont donc de plus en plus importants à mesure que la population vieillit.

L’incapacité à se déplacer.
Elle figure parmi les 5 actes essentiels de la vie quotidienne nécessitant une assistance qui définissent juridiquement la « perte d’autonomie » ou la « dépendance ».
Pour les personnes en perte d’autonomie, chaque déplacement peut constituer une difficulté si des aménagements ou adaptations spécifiques ne sont pas réalisés. Ces situations rencontrées réduisent l’égalité des chances entre citoyens dans la vie quotidienne (accès aux services, vie professionnelle, lien social).


Rester mobile, c’est conserver une forme d’indépendance et de qualité de vie tout en préservant sa vie sociale, nécessaire à notre équilibre psychologique et cognitif. La mobilité est donc un élément central de notre qualité de vie.


Comment rester mobile malgré la perte d’autonomie ?

A TITRE PERSONNEL :


En matière de transport :

  • Certaines aides ou services de transport permettent de faciliter la mobilité des personnes en perte d’autonomie comme le transport accompagné, l’adaptation de son véhicule, les facilités de stationnement, … (Dispositif sortir plus, carte mobilité inclusion, Accès Plus, Aide au déplacement en compensation du handicap, …).
  • Trouver des solutions alternatives à la conduite comme le vélo adapté, le scooter électrique, les transports en commun, le covoiturage… Se renseigner auprès de sa commune (CCAS ou CIAS quand ils existent) ou Conseil Départemental pour connaitre les services locaux à disposition (tarifs préférentiels octroyés par certaines communes, transports à la demande…)


En matière d’adaptation de l’habitation et d’équipements adaptés :

L’espace du logement peut bien-sûr être réadapté pour faciliter la mobilité dans l’habitation et des équipements peuvent être acquis pour faciliter l’accès au logement comme un monte-escalier, un déambulateur, dont certains sont pris en charge partiellement ou totalement par la Sécurité sociale ou les Complémentaires vieillesse.

Mais aussi :

  • Recourir à un service à la personne pour être accompagné dans ses déplacements quotidiens (courses, rendez-vous médicaux, …). Ces services peuvent être financés en partie dans le cadre de l’Aide Personnalisée d’Autonomie (APA) du Conseil Départemental.
  • Pratiquer une activité physique adaptée ou continuer à bouger tous les jours pour prévenir la perte de mobilité et retrouver de la force musculaire et avoir une alimentation équilibrée qui contribue au bon fonctionnement de l’organisme.
  • Favoriser la mobilité active lorsqu’elle est possible (déplacements qui impliquent une dépense énergétique) pour préserver sa santé, préserver l’environnement et lutter contre la sédentarité.


POUR LES POLITIQUES PUBLIQUES :

Anticiper les bouleversements du vieillissement démographique et accélérer l’adaptation des infrastructures permettant l’accessibilité urbaines et rurales :

  • Sécuriser les voies piétonnes ou cyclables,
  • Assurer l’entretien des infrastructures (trottoir…),
  • Garantir un environnement bienveillant (bancs ou mobilier urbain pour permettre des temps de repos par exemple).

Mieux appréhender les comportements de mobilité des personnes en perte d’autonomie car les pratiques de mobilité (mais aussi de consommation) évolueront et les politiques publiques devront s’adapter en conséquence.


Une idée reçue…

« Lorsqu’on parle de personnes à mobilité réduite (PMR) cela concerne uniquement les personnes handicapées en fauteuil. » C’est faux ! Sont également considérés à mobilité réduite, les personnes de petite taille, les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies graves, les femmes enceintes, même les personnes avec des bagages encombrants, les personnes avec des chariots à provisions et des personnes circulant avec des enfants en poussette, …. Ils représentent donc une grande partie de
la population.

Pour aller plus loin…

Des liens utiles :


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  26 avril 2023
  04:41