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Épisode 15 : LOGER CHEZ SOI MALGRÉ LA PERTE D’AUTONOMIE

La perte d’autonomie se traduit par l’incapacité pour une personne d’effectuer certains actes de la vie courante. Elle est souvent liée au vieillissement mais peut aussi résulter d’une maladie, d’un handicap.
La notion de « maintien à domicile » désigne le fait qu’une personne en perte d’autonomie (atteinte de maladie chronique, en situation de handicap ou simplement âgée) fasse le choix de rester chez elle plutôt que de bénéficier d’un placement en établissement spécialisé.
Au cours des trente dernières années, différents dispositifs se sont développés permettant aux personnes en perte d’autonomie de vivre chez soi en toute sécurité avec le soutien nécessaire.

Le constat

Les facteurs de la perte d’autonomie sont le handicap, les maladies chroniques et le vieillissement. Ceux-ci engendrent :

  • Les troubles de la mobilité et de l’équilibre,
  • Les troubles cognitifs dont notamment la perte de mémoire,
  • Les déficits sensoriels, qu’il s’agisse de la perte d’audition ou de la baisse de l’acuité visuelle,
  • L’incontinence.


85 % des Français affirment vouloir vieillir chez eux. (Source : enquête IFOP en 2019).
Rester chez soi est une préoccupation et un souhait majeur pour les personnes en perte d’autonomie. Les raisons de cette volonté sont tant affectives que financières.


4 millions de seniors seraient en perte d’autonomie d’ici 2050 contre 2.5 millions en 2019. (Source : INSEE 2019). Cette très probable évolution est de plus en plus prise en compte par les politiques publiques. Il sera notamment nécessaire de remédier au manque de place dans les établissements spécialisés (EHPAD, maisons médicalisées, …) qui aujourd’hui n’accueillent que 9 % des personnes en perte d’autonomie, mais surtout d’offrir des solutions à celles et ceux qui ne peuvent en profiter pour des questions financières.


Comment prolonger la vie au domicile ?

À court terme :

  • Prolonger l’autonomie par l’activité physique et une meilleure hygiène de vie. L’activité physique permet de maintenir un équilibre physique et cognitif mais aussi de maintenir un lien social, lui-même source de stimulation.
  • Faire appel à un encadrement médical. Les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile), pris en charge à 100 % par la sécurité sociale, permettent d’obtenir une aide technique pour notamment faire sa toilette, suivre la prise d’éventuels médicaments, ainsi qu’une aide à la coordination des autres intervenants médicaux et paramédicaux (kinés, aides à domicile). Ces services sont pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale.
  • Demander une aide financière. L’Allocation Personnalisée d’Autonomie permet de financer une aide non médicale afin de faciliter les actes de la vie quotidienne (ménage, repas…). La demande doit être réalisée auprès du conseil départemental qui évaluera les besoins. Elle est octroyée en fonction des ressources du demandeur. Selon la situation (état de santé, moyens financiers), d’autres allocations peuvent être demandées comme le minimum vieillesse (ASPA) ou la prestation de compensation du handicap (PCH). Les aidants qui participent à ce maintien à domicile peuvent également bénéficier d’aides financières. Voir l’épisode n°3

À plus long terme :

Adapter ou aménager son logement afin de prévenir le risque de chute :

  • Mettre en place les équipements nécessaires comme des rampes d’accès ou des poignées à ventouses permettant de monter les étages, de se sécuriser durant sa toilette, …
  • Apporter des modifications au logement comme l’élargissement des portes afin de permettre le passage en chaise roulante ou la mise en place d’une douche de pleins pieds.

Demander une aide financière. L’Anah peut financer jusqu’à la moitié des travaux tout en accompagnant la mise en œuvre de l’aménagement.

  • Si vous êtes de la catégorie « ressources très modestes » : l’aide « Habiter Facile » finance 50 % du montant total des travaux HT dans la limite de 10 000 €.
  • Si vous êtes de la catégorie «ressources modestes» : 35 % du montant total des travaux HT. L’aide Habiter facile est de 7 000 € maximum.

Opter pour l’habitat partagé. Pour les personnes moyennement dépendantes, la colocation est une solution pratique. Par ailleurs, de plus en plus de programmes proposent des lieux de vie commune permettant l’entraide et la mise en commun des moyens.

Les idées reçues…

  • Idée reçue n°1 : « Le maintien à domicile est très coûteux ! ». Il faut relativiser ! Il est vrai qu’en fonction des revenus de la personne le maintien à domicile peut représenter une charge importante. Toutefois les frais varient. Faire appel à une aide extérieure est généralement moins coûteux que le placement dans un établissement spécialisé.
  • Idée reçue n°2 : « les monte-escaliers sont hors de prix ». Leur prix n’est pas si élevé, d’autant que de nombreuses aides financières peuvent être octroyées afin de baisser le tarif.

Pour aller plus loin…

Des liens utiles :


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  12 avril 2023
  04:20